Infertilité, Endométriose, SMOP (SOPK) : comment optimiser sa fertilité naturellement ?

En consultation, l'une des thématiques qui suscite le plus de questions, notamment chez les femmes accompagnées pour de l'endométriose ou un SMOP (SOPK), est de savoir comment optimiser sa fertilité naturellement face à un diagnostic d'infertilité.
Selon l’INSERM (2019), l’infertilité toucherait 1 couple sur 4 en France (1 couple sur 6 dans le monde). En consultation, les chiffres démontrent une réalité encore plus marquée : environ 1 couple sur 8 consulte pour des troubles de la fertilité ou des difficultés à tomber enceinte naturellement.
Étant moi-même atteinte d’endométriose et désormais jeune maman, la question de la fertilité féminine a été un réel sujet dans mon parcours. J’y ai été confrontée dans le cadre de la maladie : un professionnel de santé l’a abordée lors d’une consultation, mais très tardivement (j’avais déjà 35 ans). La question d’une préservation de fertilité s’est alors posée.
Tout d’abord, qu’entend-on par infertilité ?
Sur le plan médical, on parle d’infertilité lorsqu’un couple ne parvient pas à concevoir après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception.
À ne pas confondre avec la stérilité, qui est une incapacité définitive et irréversible de concevoir.
Différentes causes peuvent mener à une infertilité :
L’endométriose et le SMOP : ce sont des pathologies associées à un déséquilibre hormonal ainsi qu’à une inflammation chronique pouvant impacter la fertilité. Mais attention : cette infertilité n’est absolument pas systématique !
Des troubles du système reproducteur : qu'il s'agisse de la femme ou de l'homme.
Des facteurs environnementaux : le stress chronique ou l’exposition aux perturbateurs endocriniens peuvent entretenir un terrain inflammatoire ou un déséquilibre hormonal temporaire sur lequel nous pouvons agir en naturopathie.
On parle souvent d’infertilité chez les femmes, mais les hommes dans tout ça ?
On a longtemps fait peser la responsabilité de l’infertilité uniquement sur le corps des femmes. Pourtant, l’infertilité concerne tout autant les hommes et la fertilité masculine.
"La santé reproductive masculine est altérée et l’homme, sur les cinq continents, a perdu plus de 50 % de sa production spermatique." Samir Hamamah (Fertilité masculine : Y a‑t-il péril en la demeure ?, INSERM, 2023)
Face à ces chiffres, la communauté scientifique appelle toutefois à la nuance. Comme le rappellent plusieurs experts de l’Inserm, la fertilité masculine n’est pas un chiffre fixe gravé dans la roche : elle varie énormément au cours de la vie en fonction de la fatigue, du stress, ou d’autres facteurs environnementaux et médicaux.
Toutefois, on peut conclure que la santé reproductive masculine souffre directement de nos modes de vie modernes.
Suite à ce constat, la qualité du sperme dépend de facteurs sur lesquels nous avons un vrai pouvoir d’action : l’alimentation, la gestion du stress, le sommeil et la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens.
C'est pourquoi, dans le cadre d'un désir d'enfant, il est tout aussi primordial d'aborder la fertilité à deux et d'optimiser l'hygiène de vie de l'un comme de l'autre, car la femme comme l'homme ont une fertilité qui varie en fonction de la vie.
Comment optimiser sa fertilité naturellement : les solutions naturopathiques
En naturopathie, l’objectif est d’optimiser le terrain pour offrir au corps les meilleures conditions physiologiques possibles pour favoriser une grossesse :
Réduire l’inflammation grâce à une alimentation anti-inflammatoire : privilégier une alimentation riche en oméga-3 et en antioxydants pour protéger la qualité des ovocytes. On retrouve une belle richesse en oméga-3 dans les petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs...), les huiles végétales de première pression à froid (colza, lin, cameline...), mais aussi dans les oléagineux (notamment les noix) et les graines (chia, lin broyé, chanvre). Les antioxydants, eux, se nichent dans les fruits et légumes bien colorés. Le cœur d’une alimentation santé tient dans sa variété !
Soutenir l’équilibre hormonal et l’ovulation en chouchoutant le foie et la glycémie : le foie a besoin de fonctionner de manière optimale pour éliminer les excès d'hormones. Le soutenir veut dire limiter ce qui le fatigue inutilement : l'alcool, le tabac, l'exposition aux perturbateurs endocriniens (plastiques, cosmétiques conventionnels, ustensiles de cuisine...), le sucre raffiné, les produits ultra-transformés, le café à haute dose ou l’automédication chronique.
Réguler le système nerveux et le sommeil : le stress chronique libère du cortisol (l'hormone du stress). Nos hormones sexuelles (comme la progestérone et les œstrogènes) et le cortisol sont fabriqués à partir de la même « matière première » dans notre organisme. En cas de stress prolongé, le corps priorise la survie et fabrique du cortisol au détriment des hormones de la reproduction, ce qui peut déséquilibrer notre fonctionnement hormonal et perturber l'ovulation.
De plus, un sommeil de qualité soutient la sécrétion de mélatonine, essentielle à la protection des follicules.
Optimiser l'apport en micronutriments clés : veiller à un bon statut en magnésium, zinc, vitamine D et folates (vitamine B9 sous forme méthylée), essentiels au développement cellulaire et au système hormonal.
Favoriser la circulation dans le bassin : par du mouvement doux, de la respiration et des pratiques ciblant la zone pelvienne. Le mouvement est une clé essentielle (et bien souvent oubliée) pour être en bonne santé globale. Lorsque l’on souhaite booster sa fertilité, reprendre une activité physique régulière et adaptée permet de remettre de la vascularisation et du mouvement dans l'ensemble du bassin.
En conclusion : cheminer vers sa fertilité avec douceur
L’infertilité et les troubles hormonaux (endométriose, SMOP) peuvent sembler impressionnants et générer beaucoup de pression. S'il n'existe pas de solution magique universelle, garder en tête que la fertilité est un terrain vivant sur lequel nous avons de vrais moyens d'action permet de reprendre du pouvoir sur son corps.
En adoptant une hygiène de vie globale : une alimentation anti-inflammatoire et variée, un système nerveux apaisé, un soutien du foie, du mouvement doux et un accompagnement du couple, vous offrez à votre organisme le meilleur environnement possible pour soutenir la vie.
Rappelez-vous qu'il ne s'agit pas de viser la perfection, mais d'avancer pas à pas, avec beaucoup d'auto-compassion.
Pour aller plus loin
Pour approfondir ces thématiques et découvrir d'autres conseils d'hygiène de vie, vous pouvez consulter ces articles sur le blog :
Grossesse & Endométriose : Grossesse et endométriose : comment la naturopathie et l'observation du cycle optimisent votre fertilité.
Endométriose & inflammation : Endométriose et inflammation : comprendre cette maladie systémique pour mieux la soulager
Perturbateurs endocriniens : Perturbateurs endocriniens : comment ils impactent vos hormones et votre cycle
Se faire accompagner
Si vous ressentez le besoin de faire le point sur votre hygiène de vie globale, si vous avez des questions sur votre parcours ou si vous souhaitez être guidée pas à pas dans votre projet de grossesse, je reste disponible pour vous accompagner :
Appel découverte offert : un temps d'échange de 15 minutes pour faire le point sur votre situation et vérifier ensemble si mon accompagnement correspond à vos besoins : réservez votre appel découverte.
Consultation individuelle : pour établir un bilan complet et personnaliser ces piliers naturopathiques selon vos besoins spécifiques : réserver un rendez-vous.




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